Analyse
Les résultats audités publiés par NNPC le 29 septembre 2026 indiquent 565,8 millions de barils de brut et condensats en 2025, en hausse de 5 %, dont 223,7 millions pour sa part économique, en hausse de 11 %. Le gaz atteint 2 606,2 Bscf, dont 1 154,9 Bscf pour sa part. Ce sont des totaux de portefeuille 2025, pas les volumes d’un puits.
NNPC annonce aussi l’achèvement de la conduite AKK de 623 km et 40 pouces, la mise en service du comptage ANOH–OB3 et la préparation au démarrage de l’usine ANOH de 300 MMscf/j. Conduite terminée, compteur exploité et ventes continues correspondent à des étapes distinctes.
Concilier les dénominateurs
565,8 millions de barils divisés par 365 donnent environ 1,550 million de barils par jour. Le même communiqué cite une moyenne de 1,77 million. Les deux chiffres ne coïncident pas selon cette division simple; leur définition ou périmètre exige une explication. Le communiqué ne précise pas pourquoi 565,8 millions de barils et 1,77 million par jour utilisent manifestement des périmètres différents; ce point doit rester visible dans les comparaisons économiques.
223,7 / 565,8 = 39,5 % pour ce calcul de portefeuille, pas la propriété de chaque puits. La part économique du gaz ne doit pas non plus être ajoutée au total brut comme une production supplémentaire.
Suivre la chaîne physique
Pour être vendu, le gaz doit être collecté, traité, comprimé, transporté, mesuré et acheté. L’achèvement de la conduite AKK supprime un obstacle de construction sans prouver la disponibilité de toutes les connexions, compresseurs et clients. Les autorisations et équipements doivent aussi être opérationnels au débit requis.
Le compteur mesure le transfert lorsqu’il fonctionne et est étalonné. Une usine de 300 MMscf/j prête au démarrage doit encore franchir essais et spécifications. La décision d’investissement du projet Ima séparé annonce un pic futur proche de 300 MMscf/j : elle ne constitue pas une production actuelle. La disponibilité continue du gaz d’alimentation doit également être vérifiée.
Sensibilité illustrative
Supposons un tronçon théorique de 300 MMscf/j, sans attribuer cette capacité de conception à AKK. Le volume annuel est 300 × 365 × disponibilité. Aux hypothèses de 100 %, 90 %, 80 % et 70 %, cela donne 109,5, 98,55, 87,6 et 76,65 Bscf/an, hors consommation de gaz et pertes.
La différence entre 100 % et 80 % atteint 21,9 Bscf/an. Sa valeur dépend de l’alimentation, de la demande et de la marge nette. Aucun tarif ni prix réalisé n’étant publié, ce n’est pas une prévision de chiffre d’affaires. Aucun facteur de conversion en GNL n’étant donné, le volume transporté n’est pas directement une vente de GNL.
Étapes d’investissement
NNPC vise 2 millions de barils par jour en 2027 et 3 millions en 2030, ainsi que 12 Bscf/j de gaz en 2030. Ces objectifs ne sont ni réserves ni programmes de puits sanctionnés. Il faut les relier à des puits datés, au remplacement du déclin et à des capacités fiables. Ces cibles ne sont pas davantage des débits mesurés en octobre 2026.
Avant de créditer des ventes supplémentaires, il faut vérifier production par actif, mise en service et contrats d’achat. La progression du bénéfice malgré la baisse des recettes ne donne pas le rendement marginal d’une conduite particulière.
Données décisives
Débits mensuels comptés, certificats de mise en service, utilisation de l’usine et arrêts testeront la chaîne. Une ventilation par actif du brut et des parts économiques éclairera les totaux; une explication des deux moyennes pétrolières reste nécessaire.
Une chaîne fiable dotée de gaz et d’acheteurs peut transformer les infrastructures en ventes. Un seul maillon contraint réduit le débit livrable malgré la capacité nominale. Le communiqué ne tranche pas encore.